Mouvement de Paris à échappement Brocot

Mécanisme équipé d'un échappement Brocot apparent en face avant, balancier classique, sonnerie à chaperon. Louis Gabriel Brocot, horloger à Paris, inventa en 1826 un nouveau type d'échappement à ancre pour pendules, que son fils Achille améliora vers 1850.

Type d'horloge : Pendule ; Platines rondes
Dénomination : Mouvement de Paris
Période : 19e siècle

Indications : Heures ; Minutes
Rouages : 2 rouages
Échappement : À ancre ; Brocot
Type de mécanisme : Mécanisme à ressorts
Sonnerie : Heures ; Demies
Type de sonnerie : Chaperon
Force motrice : Mécanisme à ressort

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L'histoire du mouvement de Paris


Les premières pendules apparurent vers la fin du 13ème siècle. Elles étaient placées dans les communautés religieuses, puis dans les châteaux. C'est à partir du 16ªme siècle qu'elles entrèrent dans les maisons des cours royales ou de seigneurs forts riches. Les mouvements des pendules étaient faits à la main et de façon très rudimentaire. Leur précision était tout à fait relative.
À la fin du 16ème siècle, elles avaient des formes assez austères, de dimensions importantes mais leurs cabinets étaient richement décorés de marqueteries et d'écailles de tortue. Il faut attendre le début du 17ème siècle, sous Louis XV, pour que les formes et les dimensions diminuent.
Avec l'emploi du bronze et du marbre pour les cabinets richement décorés, elles prennent place dans les salons des cours royales, seigneuriales.
Au 17ème siècle, dans le monde mais avec une forte concentration à Paris, de nombreux horlogers se lancèrent dans la fabrication des mouvements de pendules. Chacun redoublait de créativité avec les complications de mouvements ou les formes de cabinets.
Toute une production vit le jour, fabriquée manuellement de A à Z par le même ouvrier avec des outils très rudimentaires. Cette fabrication étant initiée par les horlogers parisiens, le mouvement de pendule pris vite le nom « mouvement de Paris ». La pendule restait un objet de luxe très onéreux.

Frédéric Japy (Plaquette du bicentenaire de sa naissance)

Dès 1770, Frédéric Japy lance à Beaucourt la première fabrication mécanique des ébauches de montres, la mécanisation en fait baisser le prix de revient. Ce précurseur prit l'initiative de faire la même chose avec la fabrication mécanique des ébauches de mouvements de pendules, appelés « blancs roulants ». Il créa en 1810 à Badevel une usine dédiée à cette fabrication. Comme pour les ébauches de montres, il fut le premier à fabriquer industriellement ces mouvements. Il pouvait ainsi fournir en quantité suffisante le marché parisien à un prix abordable. Dès lors la fabrication des pendules de Paris prit un grand essor. Cette nouvelle fabrication établissait ainsi le 2ème pilier de sa manufacture et de son succès.
D'autres lui emboîtèrent le pas, tel que Pons à Saint-Nicolas d'Aliermont (1820), Vincenti (1830), Marti (1843) et Mougins à Montbéliard, Boname, Louis Japy fils (1835) à Seloncourt, etc.

Au cours du 19ème siècle, Louis-Gabriel Brocot perfectionne le mouvement de Paris et dépose plusieurs brevets entre 1840 et 1853. Le plus célèbre concerne l'échappement placé sur le devant du cadran, dit échappement à rouleaux ou échappement visible avec levées en Agathe. Cela permettait de suivre le déroulement du rouage avec le tic-tac de la pendule. Celui-ci améliorait la précision de la pendule et prit l'appellation « Echappement visible Brocot » sur mouvement de Paris.

Vers 1850, la production parisienne de pendules équipées de mouvements de Paris atteignait 300 000 unités par an. Ce type de mouvement fut fabriqué jusque dans les années 1920.

Image et texte : Musée Japy à Beaucourt (90)